Bouffonneries
Ce n’est pas vraiment
le bien-être que je cherche
à provoquer chez celui qui regarde.
Ou alors ce bien-être
serait regrettable,
un ravissement de voyeur,
un plaisir inavouable,
une solitude délicieuse,
une angoisse à haute pression.
J’aime fantasmer ces interdits
sur lesquels sont bâties nos certitudes.
C’est le déguisement pervers de
la perpétuité, mais il n’y a
pas que cela.
Danses macabres
C’est alors que ces danses
macabres et ces vanités sont
arrivées à poings et
à piques
pour illustrer cet état :
tronçonner les raisons cachées,
terrasser les passions coupables,
accoucher de formes
monstrueuses, déglutir
de mythes confidentiels,
amalgamer peinture colle et
papier, puis cracher des images
et exhiber à quel point
ce que nous sommes est
terriblement futile et
ridiculement beau.
Farandole de mots
Il y a aussi des petites causeries
fugaces qui s’accrochent instinctivement
aux images.
Je suis une bouffonne
Les bouffonneries sont des clins
d’œil,
les démembrements n’y sont pas
tragiques. Le découpage et
la lacération sont des opérations
nécessaires à mon travail :
sans eux, les collages n’ont plus
qu’à disparaître. Au
départ,
je découpe (frénétiquement
bien sûr)
des bras, des mains, des yeux,
des bouches, des os.
Ces morceaux d’humains sont ensuite
classés : bras, mains, jambes, yeux,
bouches, os. Je n’ai plus
qu’à me
servir, faire mon choix : quel œil
pour quel bouche ? quel os dans
quelle main ?
On peut danser avec la mort n’importe
quand, mais une seule fois.
Au milieu de cette danse d’extraits
d’humains, il s’en trouve parfois
qui
s’accouplent (voire pire). C’est
alors que
la couleur intervient, le fond, le décor,
la scène, la vie des « autres
», l’autre vie
où tout s’agite de façon
incompréhensible
pour mes petits personnages qui sont
stoppés net, à un instant
précis de leur
existence : le dernier.
Les danses présentées ici sont
funestes, seule est macabre l’issue de la danse,
car à la fin de cette danse là,
les partenaires ne se séparent pas. J’ignore encore si les
personnages que je rencontre en sont au début ou à la fin
de la danse. Je ne sais pas non plus ce qu’il y a après.
Joker
L’idée de
l’inéluctable me bouleverse,
et ça me fait du bien de le montrer.
X-Tin