La belle shooteuse
Photographe et modèle, « retoucheuse
numérique », dit-elle pour se définir, comme pour
mieux se débarrasser
de l’étiquette d’artiste
– qu’elle refuse,
par trop de modestie –, voici Kadomi
et son Monde imaginaire. N’hésitez
pas à vous y attarder : il le
mérite.
Kadomi connaît les deux côtés
de l’objectif mais, en tant que modèle, « elle
n’a pas grand-chose à dire à l’appareil photo
».
n The Alien’s Café :
Bonjour Kadomi ! Vous vous définissez « avant tout comme
une passionnée de retouche numérique et de photographie ».
Pouvez-vous nous parler de cette passion ?
n Kadomi : J’ai
découvert la retouche numérique par hasard, il y a deux
ans, guidée dans un forum approprié par une connaissance ;
c’était très convivial, j’ai
sympathisé avec les animateurs, dont Vincent Fiordaliso, qui
m’a beaucoup appris et encouragée mais, bon, je suis loin d’être
à son niveau, j’ai encore un fameux trajet à
parcourir. Et puis je me suis frottée à la photographie
argentique. J’ai commencé par les natures mortes et les
paysages. Je trouvais ça passionnant, mais à aucun moment
je n’aurais imaginé photographier un modèle... Et
puis, un jour, Jessie elle-même me l’a proposé.
Je n’ai pas du tout été
satisfaite du résultat : je connaissais mal mon appareil photo,
mais je me suis éclatée ! ! !
Et puis, Jessie est une fille formidable... Bon,
depuis, je me suis améliorée un petit peu, mais
j’ai encore tout à apprendre et
je prendrai le temps qu’il faut pour...
Je shoote aussi avec un « numérique »
pour le côté pratique que tout le monde reconnaît,
mais ma préférence va inéluctablement à la photo
argentique – en noir et blanc. Même s’il
m’arrive de faire du noir et blanc avec le numérique.
n The Alien’s Café : Vous
êtes également un modèle qui s’est
découvert
« plus à l’aise derrière
l’objectif »... Votre insatisfaction en tant que modèle résulte-t-elle
d’un mauvais feeling avec certains de vos photographes, ou bien
s’agit-il
de quelque chose de plus profond ?
Enfin, avez-vous l’impression que cette
double expérience fait de vous une photographe plus « empathique
» envers vos modèles ?
n Kadomi : Je ne suis pas
certaine que le mot « insatisfaction » exprime bien ce que
je ressens... Je dirais plutôt qu’il
me manque quelque
chose quand je suis face à l’appareil... Car, comme
je
l’explique brièvement dans mon site, je n’ai pas
grand-chose à dire à un appareil
photo ; par contre, j’adore être
transformée, devenir une autre le temps d’une
séance, me sentir belle quelques instants devant ces photos, le
temps que cette pseudo thérapie fasse son effet à court
terme... Mais, après, les défauts physiques restent, non
?
Quant à un mauvais feeling... Il est vrai
que j’ai vécu une grosse mésaventure et quelques
déceptions dont je n’ai pas envie de parler, parce que je
n’ai pas envie d’y penser tout simplement.
Le monde est peuplé de gens mauvais mais,
bon, il ne faut pas se formaliser,
ça arrive dans tous les domaines, ça
fait partie de la vie, on apprend un peu plus au fil des jours. Sinon,
j’ai gardé de très bons contacts avec la plupart
des personnes pour lesquelles j’ai posé, et j’en
considère certaines comme ma deuxième famille.
J’ai besoin, lorsque je fais une
séance avec un modèle, d’avoir une certaine
approche avec lui, il faut qu’un lien – même infime
– se crée, que l’un et l’autre
ressentions une sympathie réciproque,
c’est très important, mais tout ça on le sent
avant... En revanche, j’ai toujours du mal avec les stages : je
souffre d’un grave manque de concentration. Et je suis tellement
stressée que j’en deviens incapable de diriger le
modèle. Pour le bon déroulement d’une
séance, il est primordial, je pense, d’être bien
avec soi-même avant tout. Mais c’est un peu complexe, des
fois la bonne humeur et le peps sont au
rendez-vous, mais il y a
toujours une
blessure quelque part qui ressurgit à
l’improviste...
Des fois « ça vient » pendant
le clic, des fois à la retouche. Mais, bon,
l’important, c’est de donner le meilleur de
soi-même, toujours...
n The Alien’s Café :
Vos thématiques sont très variées. Y en a-t-il qui
vous soient particulièrement chères ?
n Kadomi : C’est au
gré de mes
fantaisies : j’aime m’exprimer
à travers les photos et derrière l’objectif. On se
voit ou, plutôt, on s’imagine à la place du
modèle