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Engrener, perdue dans un musée de passé,
Enfermer, capitonner dans notre vision obstruée,
Les couleurs vivifiantes se dissolvent
doucement.
Silencieux rire aux pleurs éviscéré,
Souillé par notre identité asphyxiée,
Je ne suis pas moi-même, je suis une autre
qui dort dans ce placenta étroit.  

Emporte-moi, donne-moi le vertige,
Souffle-moi une autre vie.
Sans ailes je veux toucher le soleil, prétendre
du bout des doigts m’envoler une fois.
Emporte-moi,  donne-moi le vertige,
Souffle-moi une autre vie.
Brûler mes yeux par ce nouveau monde,
faire de mon sang ses ailes un avenir.

Ligaturer, atrophier dans un corps détérioré,
Bâillonner, sourd par cet amas de chair blessée,
La souffrance amante s’éloigne désespérément.
Reflet nourri de mémoire agonisante,
Sourire mensonger rongé par les remèdes
A l’étroit dans ces corps carbonisés,
réveillons-nous
de ce placenta fissuré.  

Emporte-moi,  donne-moi le vertige,
Souffle-moi une autre vie.
Sans ailes je veux toucher le soleil, prétendre
du bout des doigts m’envoler une fois.
Emporte-moi,  donne-moi le vertige,
Souffle-moi une autre vie.
Brûler mes yeux par ce nouveau monde,
faire de mon sang ses ailes un avenir.

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